......................Municipales de TOULOUSE 2008
.........................................................Retour
Extraits : |
«Scandaleux », « lamentable », « déplorable », « coup
de poignard », « dégoût », « déception », « fâcheux »… A
l'annonce du forfait non motivé de l'équipe de la police
nationale dans ce « Match de la proximité » contre
celle du Rodéo Football Club et une sélection des jeunes
du Mirail, mercredi soir à Beauzelle, les réactions
ont fusé.
En l'absence d'explication officielle, beaucoup attribuent peu ou
prou ce forfait à une intervention des hautes sphères
policières. Voire du ministère de l'Intérieur,
en raison de la présence annoncée de Jean-Pierre Havrin,
ancien directeur départemental de la sécurité publique
proche de Chevènement et dégommé par Sarkozy
pour son action de police de proximité. Et tous regrettent
que plusieurs mois d'efforts soient ainsi réduits à néant.
Claude Delpierre, le président du Beauzelle Athletic Club
coorganisateur ne cache pas sa déception : « On essaie
de retisser un peu de lien entre police et jeunes des quartiers.
On fait venir Just Fontaine, le vice-procureur Amar Belacel, les
maires de Beauzelle, de Blagnac… Tant d'efforts pour rien
! Les gosses sont partis dégoûtés. »
Adjel Razali, président de l'association Unissons-nous, coorganisatrice
: « On sait très bien la tension qui règne entre
la police et les gens des quartiers. On essaie de la tempérer
pour qu'on arrive enfin à vivre ensemble. Ça fait deux
ou trois mois de préparation et voilà : une annulation à la
dernière minute ! C'est un coup de poignard. »
« raisons de service » invoque la police…
Le vice-procureur, Amar Belacel « regrette que des instants
de convivialité de cette nature soient ainsi gâchés ».
La conseillère municipale de Toulouse, Yvette Benayoun-Nakache
voit dans ce forfait des explications politiques : « Le jour
du vote de la loi sur l'immigration, il y a un fâcheux télescopage
de l'actualité. M. Sarkozy a peut-être pris le temps
de téléphoner pour donner des instructions avant de
partir au Mali. »
Hier, la hiérarchie policière a démenti cette
hypothèse que Jean-Pierre Havrin, lui, a qualifié de « pas
crédible ». Pour lui, l'explication serait beaucoup
plus simple : « Mardi, un collègue m'a informé qu'ils
n'arrivaient pas à composer une équipe. Nous, les flics, ça
arrive souvent qu'on soit bloqué en fonction des besoins des
services. J'y serais bien allé tout seul, mais ma présence
aurait été source d'interprétation ».
Sur le bord du terrain, mercredi, un spectateur ironisait : « C'est
bien la première fois qu'ils envoient pas les flics pour un
match du Rodéo ! » Tout cela n'est peut-être que
partie remise.
Jean-Louis Dubois-Chabert
Publié le 19 mai 2006 à 08h53