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Foot. L'ex-directeur départemental de la police prend part, demain, au «Match de la proximité » avec les jeunes.

Déception. Invitée au « Match de la proximité » avec les jeunes du quartier du Mirail, elle n'est pas venue. Sans explications.

Match de la proximité : La police pose un lapin

Extraits :

Claude Delpierre, le président du Beauzelle Athletic Club coorganisateur ne cache pas sa déception : On essaie de retisser un peu de lien entre police et jeunes des quartiers.

 «Scandaleux », « lamentable », « déplorable », « coup de poignard », « dégoût », « déception », « fâcheux »… A l'annonce du forfait non motivé de l'équipe de la police nationale dans ce « Match de la proximité » contre celle du Rodéo Football Club et une sélection des jeunes du Mirail, mercredi soir à Beauzelle, les réactions ont fusé.
En l'absence d'explication officielle, beaucoup attribuent peu ou prou ce forfait à une intervention des hautes sphères policières. Voire du ministère de l'Intérieur, en raison de la présence annoncée de Jean-Pierre Havrin, ancien directeur départemental de la sécurité publique proche de Chevènement et dégommé par Sarkozy pour son action de police de proximité. Et tous regrettent que plusieurs mois d'efforts soient ainsi réduits à néant.
Claude Delpierre, le président du Beauzelle Athletic Club coorganisateur ne cache pas sa déception : « On essaie de retisser un peu de lien entre police et jeunes des quartiers. On fait venir Just Fontaine, le vice-procureur Amar Belacel, les maires de Beauzelle, de Blagnac… Tant d'efforts pour rien ! Les gosses sont partis dégoûtés. »
Adjel Razali, président de l'association Unissons-nous, coorganisatrice : « On sait très bien la tension qui règne entre la police et les gens des quartiers. On essaie de la tempérer pour qu'on arrive enfin à vivre ensemble. Ça fait deux ou trois mois de préparation et voilà : une annulation à la dernière minute ! C'est un coup de poignard. »

« raisons de service » invoque la police…

Le vice-procureur, Amar Belacel « regrette que des instants de convivialité de cette nature soient ainsi gâchés ». La conseillère municipale de Toulouse, Yvette Benayoun-Nakache voit dans ce forfait des explications politiques : « Le jour du vote de la loi sur l'immigration, il y a un fâcheux télescopage de l'actualité. M. Sarkozy a peut-être pris le temps de téléphoner pour donner des instructions avant de partir au Mali. »
Hier, la hiérarchie policière a démenti cette hypothèse que Jean-Pierre Havrin, lui, a qualifié de « pas crédible ». Pour lui, l'explication serait beaucoup plus simple : « Mardi, un collègue m'a informé qu'ils n'arrivaient pas à composer une équipe. Nous, les flics, ça arrive souvent qu'on soit bloqué en fonction des besoins des services. J'y serais bien allé tout seul, mais ma présence aurait été source d'interprétation ».
Sur le bord du terrain, mercredi, un spectateur ironisait : « C'est bien la première fois qu'ils envoient pas les flics pour un match du Rodéo ! » Tout cela n'est peut-être que partie remise.
Jean-Louis Dubois-Chabert
Publié le 19 mai 2006 à 08h53